Le site passe en V2
Mon portfolio est né comme un livrable de formation, écrit pour un jury. Voici comment il est devenu mon site.


La première version de ce site est née d'une consigne. Dernier projet de ma formation de Data Analyst : préparer, pour une candidature fictive chez Aéroworld, un portfolio en ligne capable de démontrer tout ce que j'avais appris. Je l'ai construit sous WordPress, avec un thème que je contournais plus que je ne le maîtrisais, et je l'ai soutenu le 26 juin devant un jury. Il a fait son travail : le projet a été validé, et le titre a suivi le 28 juillet.
Mais un livrable réussi n'est pas forcément un bon site. Celui-ci avait été pensé pour un correcteur : des projets rangés de P01 à P11, comme dans le programme, des pages qui cochaient les attendus les unes après les autres, et un discours qui parlait de la formation plus que de moi. Il fallait qu'il cesse d'être un livrable de certification pour devenir ma vitrine.
Repartir de la donnée
Plutôt que de repeindre l'existant, j'ai cherché un fil conducteur. Il était sous mes yeux depuis le début : la chaîne de la donnée, celle que je suis de bout en bout dans chaque projet. Mon parcours se lit désormais comme un workflow, avec ses étapes et leur statut. Mes compétences s'organisent comme un arbre de production. Mes projets sont présentés comme des produits : un besoin, ce qui a été livré, et ses limites.
Ce fil m'a aussi aidé à dire ce que j'apporte. Pendant plus de neuf ans, j'ai travaillé au contact des clients : découvrir un besoin, puis expliquer simplement la réponse. C'est exactement ce que je fais aujourd'hui avec la donnée, pour ceux qui décident. D'où la phrase qui ouvre désormais le site : du comptoir au tableau de bord.
Un livrable réussi n'est pas forcément un bon site.
Dessiner avant de construire
Je n'ai pas écrit une ligne du thème avant que chaque page existe en maquette. J'ai mis en place un workflow professionnel et éprouvé : brainstorming, maquettage, exploration de variantes, puis itération jusqu'à la version retenue. C'est dans ce cadre qu'est né un outil d'aide à la décision pour les recruteurs, pensé comme la rencontre de l'offre et de la demande : une carte des temps de trajet autour de ma commune, calculés par l'IGN commune par commune.
Chaque choix a été noté, daté, dans un journal de décisions qui compte aujourd'hui plus de 150 entrées. Ça peut sembler excessif pour un site personnel. En pratique, c'est ce qui m'a permis d'avancer vite : quand une question revenait, la réponse était déjà écrite. Et une fois les maquettes validées, une seule règle pour l'intégration : plus rien ne change, sauf la façon de coder.
Travailler avec une IA, sans la laisser écrire à ma place
Ce workflow, je l'ai mené avec l'IA générative, de la réflexion jusqu'au code. C'est un accélérateur formidable, et c'est aussi un risque : elle propose vite, avec aplomb, des phrases qui sonnent juste et des faits qu'elle ne connaît pas. J'ai donc posé une règle très tôt : rien n'est inventé. Un texte que je n'ai pas fourni reste entre crochets jusqu'à ce que je l'écrive.
Pour que l'IA travaille juste, il faut lui donner le bon contexte, au bon moment. J'ai donc mis en place une véritable stratégie d'ingénierie de contexte : les données et les instructions du projet sont organisées et classées dans des fichiers Markdown et JSON. Un fichier de cadrage qu'elle lit en premier, un journal des décisions, un document de passation entre la réflexion et la production, des données figées plutôt que recopiées à la main. Et à chaque étape, une validation humaine systématique : rien ne part en ligne sans que je l'aie relu et approuvé.
La même exigence vaut pour ce que j'affiche de moi. Mon expérience cumulée dépasse dix ans, mais le site dit « 9+ ans » : c'est le chiffre que je peux justifier poste par poste en entretien. Je préfère un site un peu modeste à un site que je devrais corriger à l'oral.
Plus complet, plus sobre
La version 2 ne fait pas moins, elle fait plus. La première répondait à un besoin pédagogique : démontrer les acquis d'une formation. Celle-ci me représente, moi : mes compétences, mes projets, mes passions et mes hobbies.
Côté technique, elle reste aussi sobre que la première, toujours sans formulaire ni mesure d'audience, et va un peu plus loin : un thème écrit sur mesure plutôt qu'adapté d'un thème existant, des polices hébergées sur le site plutôt que chargées chez Google, un mode sombre. Et la première version n'a pas disparu : elle reste consultable dans une archive, telle qu'elle était le jour de la soutenance.
Et maintenant ?
Un site de portfolio n'est jamais fini, et celui-ci est conçu pour évoluer. Les projets de la formation ont désormais leurs fiches complètes, avec leurs livrables en téléchargement. Viendront ensuite mes CV par type de poste, puis les versions anglaise et tchèque. Et le Lab continuera de raconter ce que je teste, ce que je construis, et ce que j'en retiens.
Si vous lisez ces lignes, c'est que la version 2 est en ligne. La suite s'écrit ici.
Réflexion · 01/10/2026 · Voir la fiche du projet Aéroworld →