Ma reconversion en BI Analyst
9 mois de formation, 11 projets, et 9 ans de terrain qui n’étaient pas perdus.
Pendant 9 ans, j’ai lu des indicateurs. Des rapports BI que je récupérais et que je retravaillais sous Excel pour en faire quelque chose de plus parlant, parce que les rapports fournis étaient trop austères pour convaincre qui que ce soit. Je n’étais pas data analyst. Mais je me comportais déjà comme si j’essayais de l’être.
Mon parcours ne ressemble pas à celui d’un data analyst classique. Pas de master en statistiques, pas de prépa. Un Bac Pro en systèmes électroniques et numériques, deux BTS en alternance dans des directions différentes, et surtout 9 ans dans le retail et le back-office. Mais avant ça, il y a un passage que peu de gens connaissent et qui compte beaucoup pour moi : préparateur et convoyeur de véhicules chez Sixt. Pas le métier le plus sexy ni le plus valorisant sur un CV. Mais c’est là que j’ai gagné en assurance et en autonomie. C’est là que j’ai créé mes premiers process pour gérer le parc au mieux pour mes collègues du comptoir. Et c’est là que j’ai ouvert Excel pour la première fois vraiment, pour donner à mon patron un suivi propre de mes heures et de tous les véhicules préparés, avec mes propres indicateurs. Je ne savais pas encore que ça s’appelait du reporting.
Le reste du parcours s’est construit sur le terrain. Des années chez BIMP et LDLC à faire de la vente spécialisée Apple, du SAV, de la formation de collègues, de la gestion de stock, et un peu de tout ce qui traîne entre les deux. Mon manager Laurent D. m’a fait confiance à un niveau que mon statut officiel ne reflétait pas. Sans lui, je n’aurais pas pu acquérir la moitié de ce que j’ai appris là-bas. Je veux le remercier ici, ainsi que toute l’équipe de LDLC avec qui j’ai travaillé pendant presque une décennie.
C’est mon licenciement économique qui a tout déclenché. Je pourrais dire que c’était tragique. Ce serait mentir. Cela faisait un moment que je n’évoluais plus et que je n’avais pas le courage de passer le cap moi-même. Ce licenciement a été le facteur déclenchant dont j’avais besoin, et le cadre légal qui l’accompagnait un bonus plus qu’encourageant. LDLC m’a offert sans le savoir une opportunité inestimable. J’ai choisi d’en faire quelque chose.
Pourquoi la BI plutôt que la data pure ? Parce que je suis honnête avec moi-même. Je ne suis pas de base un profil très technique, et j’avais peur de me noyer dans trop de théorie. J’ai besoin du terrain, de visualiser les choses pour les comprendre. La BI part du besoin réel pour aller vers la donnée, pas l’inverse. C’est exactement comme ça que je fonctionne.
Ce qui m’a le plus surpris, c’est que mon background terrain n’était pas un handicap. C’était souvent un avantage. Comprendre vite ce que quelqu’un attend vraiment, vulgariser une analyse, partir du besoin concret plutôt que de la technique, ce sont des réflexes que j’avais construits pendant des années sans jamais les nommer.
Et puis il y a ma curiosité naturelle, qui ne s’est jamais arrêtée à la formation. Mes projets personnels en sont la preuve. CarLog, par exemple, c’est un logger de télémétrie embarqué sur ma voiture, avec un capteur ESP32, une base SQLite, et un dashboard Streamlit. Ce n’est pas un exercice scolaire. C’est le début d’une vision à plus long terme, orientée analyse de données réelles, avec à terme de la prédiction et une intégration de LLM. Je construis les fondations.
9 mois plus tard, je termine ma formation avec 11 projets réalisés, deux dashboards Power BI en production, un portfolio en ligne et une conviction : la BI ne s’apprend pas que dans les livres. Elle s’apprend aussi sur le terrain, en comprenant ce que les données sont censées dire avant même de les toucher.
Un dernier mot pour mon mentor OC, Kardokh. Il m’a toujours poussé, a largement participé à mon évolution, et surtout m’a aidé à surpasser mon syndrome de l’imposteur. Ce parcours n’aurait pas la même forme sans lui.